Karin Kopano, directrice générale Gansevoort Park, New York
• 11 oct, 2012 • Catégorie: Ville en vue •J’ai rencontré Karin à New York début mai, elle est la directrice générale du nouvel hôtel tendance de la ville: The Gansevoort Park, repère des célébrités, apprécié des voyageurs et fréquenté par les hommes d’affaires. Nous avons passé près d’une heure à parler de la vie en général, de New York, de son hôtel et… de photographie, sa nouvelle passion. Découvrez notre discussion.
Pourquoi avez-vous décidé de rejoindre le secteur de l’hôtellerie? Parce que c’est un secteur très imprévisible et qu’on y fait la rencontre de personnes vraiment fascinantes.
Quand avez-vous débuté? J’ai commencé dans le secteur des voyages, dans le commerce de détail plus précisément. Et quand j’étais à l’université, j’ai suivi un cursus dans l’hôtellerie et les services. Puis, il y a dix ans, j’ai commencé à lancer des hôtels et c’est une facette du métier qui m’a tout de suite beaucoup plue.
Aimez-vous lancer des hôtels? Oh oui, j’adore lancer des hôtels. Ça permet de voir l’évolution depuis la construction, sans les murs, jusqu’à l’achèvement. Et l’accueil des premiers visiteurs est une expérience formidable.

Vous impliquez-vous dans le projet du début à la fin? Oh, vous savez il y a les architectes, l’équipe de construction, le personnel, les acheteurs… Et après la construction, il faut former le personnel, mettre aux normes le bâtiment, apporter du mobilier, pour que tout soit parfait. En fait, c’est comme si l’on déménageait d’un appartement et que l’on devait tout mettre en ordre, mais à une échelle beaucoup plus grande.
Vous avez étudié à Miami et vous voici maintenant à New York. Comment vous y sentez-vous? J’adore New York. Je pense que dans une vie antérieure j’ai vécu à New York… C’est probable. Je l’aime parce que c’est un lieu complètement différent des autres. Miami est une ville fantastique, on a l’impression d’être dans un vrai complexe hôtelier en permanence même si l’on est bien dans une ville. La façon de vivre là-bas est très similaire à celle de la culture méditerranéenne dont je tiens mes origines ! A New York, il y a du remue-ménage, un mouvement constant… J’aime l’art, la nourriture, la culture… tout ça. Ca fait surement cliché de dire que c’est un melting pot mais ça l’est. C’est une ville tellement vivante et dynamique, et ce, 24 heures sur 24. Les New Yorkais sont très charmants et d’un grand soutien, ils sont très engagés dans la vie de leur communauté.
Etes-vous née à Miami? Non, je suis née à Istanbul en Turquie et j’ai grandi à Athènes. J’ai donc des antécédents très méditerranéens.
Êtes-vous Grecque ou Turque? Hummm… Ma mere est hollandaise, mon père est arménien. J’ai également des grands-mères grecques, alors on peut dire que je suis issue d’un mélange de plusieurs origines.
Alors, vous êtes la femme parfait pour ce type de métier. Exactement (rires). Et c’est peut-être pour cette raison que j’adore New York, parce que ça me rappelle Istanbul et Athènes, on peut tout y trouver là-bas aussi, il y a beaucoup de mouvement… Je trouve que c’est pareil pour New York.

A présent vous êtes directrice générale de l’hôtel The Gansevoort Park. Qu’est ce qui rend cette nouvelle aventure intéressante? Est-ce une sorte de challenge? Eh bien, je ne la vois pas comme un challenge, je la vois comme une opportunité d’utiliser ma créativité, de repousser mes limites. Cette expérience m’a beaucoup appris, et j’apprécie énormément ce poste. J’aime le fait de ne pas avoir de routine. Chaque jour est différent.
Y-a-t-il beaucoup de pression? Il y en a mais… On apprend à vivre avec. Si on ressent trop de pression, dans ce cas-là il faut arrêter de faire ce métier. Il faut faire face à chaque situation et trouver la meilleure solution.
Avez-vous participé à des soirées avec des célébrités? Il est vrai que nous avons beaucoup d’événements avec des célébrités. Par exemple, il y avait Katy Perry à l’ouverture de l’hôtel, elle venait de sortir son album.
Comment décririez-vous la philosophie du Gansevoort? Notre philosophie est la suivante : notre objectif est de faire découvrir au client une expérience différente. Ce n’est pas un hôtel « comme à la maison » mais le client apprécie le lieu et ses services. Nous faisons très attention aux détails, ces petits détails qui feront de votre « bonne expérience », une expérience fantastique. Si vous n’avez pas envie de quitter l’hôtel, ce n’est pas grave car il y a tout ce dont vous avez besoin sur place.
Quel est le meilleur point en ce qui concerne la localisation de l’hôtel? Il est très central. Si vous voulez aller au théâtre, c’est tout à côté. Si vous voulez faire du shopping, c’est pareil. Il y a également de nombreuses sociétés financières aux alentours, donc c’est pratique pour les voyageurs d’affaire… Et c’est aussi tout proche de Meatpacking. Le métro est à proximité, l’hôtel est à seulement quelques pas de Flatiron… Alors, nous sommes vraiment proches de tout.
Qu’aimeriez-vous que les clients de votre hôtel disent après leur séjour? Quel séjour fantastique! Je reviendrai! Nous avons vraiment des clients très fidèles. Ils reviennent car ils savent qu’ils vont être reconnus par le personnel, nous connaissons leurs goûts, nous savons quel type de literie ils préfèrent… Pour nous, chaque client est unique, chaque client à sa propre personnalité.
A quoi ressemble votre journée typique en tant que New Yorkaise? Eh bien, je me lève tôt et je promène mon chien pendant une demi-heure, ce qui me permet de penser au programme de la journée, ensuite je lis les journaux…et le Post, la page 6 précisément à propos des évènements, car c’est quelque chose que tout le monde fait à New York, et c’est aussi mon boulot de m’informer sur les événements qui ont lieu, et je lis aussi d’autres journaux pour savoir ce qui se passe dans le monde. Puis, je commence mon travail à l’hôtel, et je vais voir le personnel pour lui dire bonjour, pour parler, pour savoir si tout se passe bien parce que j’aime entretenir une certaine interaction avec le personnel de chambre, les agents d’accueil et les managers. Ensuite, j’ai des rendez-vous professionnels le matin, et, entre ces rendez-vous et tout le reste, je consacre du temps aux projets de la prochaine saison, je m’intéresse par exemple aux finances, je rencontre les responsables du département. Et toutes les deux heures, je prends du temps pour me balader dans les couloirs de l’hôtel et aller à la rencontre des clients pour connaitre leur impression sur leur séjour… On ne sait jamais qui l’on peut rencontrer. Etant donné que je travaille souvent tard, j’en profite pour tester de nouveaux restaurants car je me dois de connaitre les alentours pour pouvoir conseiller les clients. J’adore l’art alors je vais aussi à des expositions. Quand le job prend entre 12 à 14 heures par jour, on essaye de trouver un certain équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle.

Que pouvez-vous suggérer aux voyageurs français qui souhaitent vivre à la New Yorkaise pendant 48 heures? Eh bien, il faut qu’ils testent le métro New Yorkais au moins une fois… Et les taxis, au moins deux fois. Ils devraient aussi traverser le parc High Line, aller au Chelsea Market, peut-être déjeuner et puis faire du shopping dans le quartier de Soho, et sans aucun doute voir un spectacle à Broadway. Ils devraient expérimenter la vie nocturne à Meatpacking parce que c’est sympa, ils devraient tester la nourriture des vendeurs ambulants et s’il leur reste du temps, ils devraient aller dans un bar clandestin car ces endroits cachés proposent de merveilleux cocktails et une ambiance géniale, ils sont devenus des lieux typiques de New York. Je recommande Raine’s Law Room (48 W.17th street). C’est un bar très petit mais super.
Parlez-vous français? Je parle un tout petit peu. J’avais l’habitude de parler français avant car ma famille, ma mère, ma sœur et ma tante parlent français, alors je comprends un peu. Mais lorsqu’on ne parle plus, on oublie. Mais j’adorerais aller à Paris, passer un mois là-bas et… apprendre à nouveau. J’étais à Paris en novembre dernier… Et j’adore cette ville. Je ne viens pas aussi souvent que je l’aimerais, mais bon…
Qu’aimeriez-vous que les gens dissent de vous quand vous n’êtes pas là? J’espère qu’elle n’est pas en train de consulter ses emails.
A votre avis, quelle est la meilleure façon de terminer la journée? Un bon petit plat, avec de bons amis… et du vin !
Qu’écrivez-vous sur la carte postale que vous allez envoyer à l’amour de votre vie qui n’a pas pu venir avec vous? J’écrirais «Tu es avec moi par la pensée et dans mon cœur».
Qu’aimeriez-vous faire d’extraordinaire ou de fantasque dans un hôtel? Pour être honnête avec vous, je n’ai pas la réponse. Et si j’avais une idée extraordinaire, je ne vous la dirais pas car elle ne serait plus si extraordinaire dans ce cas.
Aux côtés de quel héros (réel ou fictif), aimeriez-vous voyager? Mon père. Mon père était mon héros, mon seul héros. J’aurais adoré parcourir le monde avec lui. Il était dans le business du textile. Il est l’une des personnes qui m’ont aidée à être ce que je suis, qui ont apporté du soutien dans ma vie professionnelle également.
Quelle a été votre dernière crise de fou rire? Je ris tous les jours car si l’on n’est pas heureux soi-même, on ne peut rendre les autres heureux. Il faut aimer ce que l’on fait, il faut être enthousiaste.
Qu’est-ce qui vous met en colère? Le pessimisme… Et quand on me fait répéter les choses. Je n’aime pas la négativité. Dans ce métier, il ne doit jamais y avoir de “NON”. Ça me frustre de voir les gens de mauvaise humeur.
Quel est votre mot favori? Fantastique (rires)
Qu’est ce qui active votre créativité, votre spiritualité et vos émotions? J’ai depuis peu une passion pour la photo. Je pense que ça me correspond parfaitement parce que, par exemple, j’adore le contraste entre un vieux bâtiment et un plus moderne avec du verre et du métal. Parfois, j’aime aussi observer les gens, leurs expressions, leur façon d’être. Parfois, quand on s’intéresse un peu plus à ce qui se passe autour de soi, on réussit à faire la photo parfaite. Il y a quelques années encore, je n’aurais jamais pensé avoir ce genre de talent. Je n’y connaissais rien en ce qui concerne la lumière, les prises de vue, mais un jour, lors d’un voyage, j’ai pris quelques photos… J’aime les détails d’architecture, les portes, les grandes entrées, tout… Quand je suis revenue de mon voyage, j’ai montré les photos que j’avais prises à mes amis et ils m’ont dit « Super… Ces photos sont très bien » et j’ai pensé « mmm, intéressant ! ». Du coup, j’ai commencé à m’y intéresser un peu plus et je me suis achetée un gros appareil photo… D’ailleurs, j’exposerai peut-être mes photos bientôt… En fait, je les montre seulement à mes amis les plus proches actuellement, mais ils me disent « oh, tu devrais organiser quelque chose… ». Alors, qui sait ? Mais je vous en enverrai quand même quelques-unes.
GANSEVOORT PARK AVENUE
420 Park Avenue South New York, NY 10016, U.S.A.
(212) 317-2900
Interview par Orso Filippi – Juin 2012
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